TFI : quiz du cerveau ou Gom Jabbar pour distinguer l'animal de l'homme ?
TFI "Quiz du cerveau"
ou test du Gom Jabbar
pour distinguer l' homme de l'animal ?
Ou l'HORRIBLE SOIREE TELEVISUELLE DU PERE DUCHESNE
Mais pourquoi que le Père Duchesne il a dû regarder TFI foutre ?
Ce foutu soir le Père Duchesne hésitoit entre deux activités. La première consistait à solliciter de la Mère Duchesne quelques faveurs à la veille de la journée de la femme que nous tous, hommes et chiens, attendont avec impatience pour aller à la pêche histoire de lui laisser la maîtrise de la maison. Etant revenu bredouille de cette aventure éphémère, il restait la seconde solution : regarder Arte. L'histoire et la culture remplaçant par défaut le cul chez nous, primates que nous restons. Pas de chance, fichtre foutre, voilà que le faisceau d'Arte se coupe, et que du Livre des Morts je vais devoir me passer. Foutre cul, voilà que je zappe sur France 2 où on me sert un Patrick Sébastien privé de décor depuis que la pub a été supprimée sur les chaînes publiques... Je zappe sur la 6, où qu'on me défèque une série nauséabonde de quatre drôles de dames américaines & stupides qui vont abreuver la libido de nos soirées crétines & stériles. Je passe, horreur, sur TFI, la chaîne du temps de cerveau disponible pour le formatage publicitaire & la liquéfication intellectuelle.... Il faut bien toute cette coordination funeste de circonstances pour que j'arrive dans ce temple de perdition intellectuelle dédiée au cul UMPiste. Je tombe donc sur : le grand "Quiz du cerveau"....
Le grand quiz du temps de cerveau disponible sans culture ni QI (selon TFI)
Le but de cette émission : tester le capacités de votre cerveau.... faut voir les questions (je précise qu'il est 21h30 & que j'ai déjà quitté ce grand moment pour venir vomir ma bile sur le net). Tester donc les capacités de votre cerveau, votre "capacité de réflexion", quelque soit votre sexe (on appréciera à sa juste valeur cette remarque à la veille de la journée de la femme.... TFI doit le préciser tellement il en est convaincu-l-). Le site de TFI précise donc cela & ajoute qu'il n'est ici question ni de QI ni de culture générale (http://jeux.tf1.fr/jeux/grand-quiz-cerveau/). L'inverse aurait été étonnant sur TFI. Effectivement, ce jeu s'adresse à son public : sans culture, sans QI. En bon distributeur d'idées prémachées pour l'UMP, on ne pouvoit faire appel à une quelconque once de connaissance.... En cela TFI est en accord avec le ministre de l'Education & les nouveaux programmes en préparation : suppression de la culture, de la connaissance (tout en annonçant l'inverse, of course, off course, fin de course de la politique de civilisation pourtant annoncée par nabotor 1er). Ainsi le public d'attardés mentaux qui est celui de TFI va pouvoir se persuader qu'il a des "capacités"... mais la capacité ne fait rien sans l'effort.
La capacité réflexive...
Les questions se suivent, on nous précise : "question de vivacité", "question de stratégie mentale", "question de mémoire sémantique", "question procédurale"... Déjà là, nous avons largement dépassé le cadre intellectuel du téléspectateur moyen de TFI qui n'a compris que le mot "question"... tout le reste étant obscur... Une majorité ne comprend plus rien, certains comprennent "mémoire" et "mentale"... si pour "procédurale" on peut encore avoir espoir en un faible pourcentage, pour "sémantique" il faut repasser sur Arte (un zappe vite fait, merde, c'est toujours l'écran noir). Le public ne comprend plus rien. Le présenteur, Ben Castagnettes (qui a par charité invité son père qui vient sans doute d'ajouter une petite date à celles qu'il doit faire pour justifier son statut d'intermittent du spectacle) nous précise : la "mémoire procédurale" permet de "marcher", "se lever", "se coucher", et sans doute manger, consommer et chier (tout ce qu'on demande au public de TFI & aux électeurs UMPistes).
TFI fait mieux que Darcos pour l'élévation intellectuelle du peuple.
Heureusement, le niveau du test est là pour vous rassurer.... Vous aurez tous des "capacités" de "réflexion".... C'est à dire que vous pourrez retenir quelques items sur votre écran-miraculeux, vous pourrez vous persuader que vous avez quelques capacités à vous élever au délà du niveau de réflexion d'une poule attendant son coq (vous vous attendez la pub, ce n'est pas mieux). Grâce à ce "test" chacun va pouvoir se convaincre qu'il a un bon niveau, de quoi ? de capacités.... Des capacités, mais pas de réelle réflexion (si c'est n'est distinguer un carré d'un rond ou retenir le prénom de la femme de Thierry Lermite dans le "diner de con".... de con, sur TFI, cela ne s'invente pas).... Des capacités, mais aucune culture, aucune connaissance.... Voilà justement ce que fait l'éducation nationale depuis des décennies, et ce qu'elle veut faire... des gens persuadés d'avoir des capacités, qui ont un cerveau, mais vide, juste capables de quelques réflexes d'animaux.... Des millions d'années d'évolution réduites à néant, avilies, dégradées, une capacité de retenir, de faire des efforts, d'accroitre son savoir ; millions d'années souillées par la non culture de l'immédiateté : chier, manger, consommer. Chier, manger, consommer, voilà tout ce qu'on vous demande.
TFI : l'éducation nationale selon Darcos.
Exercices luddiques.
Participation active.
Interactivité. Voilà le programme de TFI. Voilà aussi à quoi se résume la rénovation de l'enseignement façon UMP-Darcos : des compétences, pas de connaissances, surtout pas d'effort (apprentissage, cultiver, élever son esprit). Se persuader qu'on a des capacités pour agir, réfléchir, apprendre, mais surtout ne pas faire d'effort pour les utiliser. Le règne de la capacité, de la compétence, et non de la connaissance, non de l'héritage de siècles de savoir. Voilà. Nous avons fait le tour. Nous savons où l'UMP puise son inspiration & qui le lui rend bien, en féal serviteur : TFI. Nous savons ce que veut aussi Darcos pour les profs : des animateurs luddiques activant le cerveau passif des élèves pour une participation active à des occupations interactives.... Point de connaissances, surtout pas, c'est fatiguant & cela donne des idées.
Quel rapport avec le Gom Jabbar (Franck Herbert, Dune). ?
Et bien, dans Dune, l'épreuve du Gom Jabbar permet de distinguer l'être humain de l'animal. Celui qui survit à cette lame empoisonnée appartient à l'humanité & non au monde animal. Il en est un peu de même avec TFI, mais la logique est inverse. Celui qui parvient à survivre dans son intégralité à une soirée de TFI appartient au règne animal uniquement, & celui qui fuit cette soirée s'élève à l'humanité, à l'intelligence. Le Père Duchesne est désolé, mais il n'a pu survivre à une soirée sur TFI, & appartient donc à l'espèce humaine.... Il n'a pu se contenter du règne animal.
Pour conclure : cruelle soirée du Père Duchesne.
Je tente de changer de chaîne.
Arte : c'est toujours l'écran noir.
Mère Duchesne indique que demain c'est la journée de la femme, et qu'en conséquence elle veut rester sur TFI.
Je n'ai plus guère de choix : aller discuter avec mon chien (toujours mieux qu'avec un spectateur de TFI), boire une bière (activité en laquelle l'homme supplante largement le chien) ou me taper une branlette (activité en laquelle le chien supplante largement l'homme, je ne vais pas vous faire un dessin). Je suis donc allé faire un tour dehors avec mon chien avant d'écrire ces lignes.
Au final : venir vomir sur ce site... ce qui est fait.
Mon chien.
Je suis donc allé faire un tour dehors, avec mon chien, qui instinctivement s'est dirigé vers l'os à moelle qu'il avait laissé hier ou avant hier dans un coin à l'abri de la convoitise qu'il croit sans doute déceler en moi. Sans hésiter il s'est dirigé de mémoire vers cet os qu'il est ensuite venu ronger avec passion & amour à mes pieds.
En le regardant, ainsi, simplement heureux, retrouvant son os, je me suis dit qu'il y avait en lui plus d'humanité que dans la masse des crétins qui restaient avachis devant leur prévomi télévisuel à se persuader qu'ils avaient quelques "capacités de réflexion".
Il est beau de constater que cet animal reste naturellement immunisé à la corruption télévisuelle & la dépravation intellectuelle de TFI & qu'il sait encore où est son intérêt principal (son os en l'occurence), lui.
S'il pouvait apprendre, il le ferait sans doute, d'ailleurs il le fait dans la mesure de ses moyens, contrairement à l'humain, qui se complait lui à régresser.
ROUX. 07/03/09

Commentaires
Saint-Just le 13/03/2009 à 12:28:29Citoyen, il m'est arrivé aussi cette aventure lors de ce funeste samedi, mais ma fille de 11 ans et moi, désemparés mais têtus, avons quand même réussi à regarder la suite sur Arte.
Un grand bol d'intelligence et de connaissances. Vive Arte ! Longue vie à Arte, seule chaîne de tv digne de ce nom, le reste n'étant souvent que fleuve de purin et de manipulations, décérébration à jet continu, vie par procuration, faire valoir de journaleux lecteurs de prompteurs.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'analyse brillante de cet évènement. Plutôt crever que regarder TF1 le samedi soir, déja qu'on doit vivre dans ce monde UMPiste toute la semaine au boulot...
Par contre je n'ai pas de chien.
Instit le 08/03/2009 à 09:22:39
Tittytainment.
Tittytainment, tu connais ?
Du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, à San Francisco, le grand hôtel Fairmont accueille 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’Etat, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc. Cette réunion du Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev. Elle a une grande importance historique. Elle fait intervenir George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, des dizaines d’autres personnalités de tous les continents. Elle a pour thème « l’avenir du travail ».
« L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».
Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.
Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.
Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour le survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.
L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »
(Hans-Peter Martin, Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Solin Actes Sud, p.12)
Cette expression « tittytainment » me rappelle Juvénal quand il parlait du peuple romain :
« Depuis qu’il n’y a plus de suffrages à vendre, [le peuple romain] n’a cure de rien ; lui qui jadis distribuait les pleins pouvoirs, les faisceaux, les légions, tout enfin, il a rabattu de ses prétentions et ne souhaite plus anxieusement que deux choses : du pain et des jeux ! »
(Juvénal, Satires, traduction Pierre de Labriolle et François Villeneuve, Les Belles Lettres, p.127)